À Fataki, dans le territoire de Djugu en Ituri, la sécurité reste fragile. Les incursions des groupes continuent de perturber certains villages. Violences sexuelles, déplacements et traumatismes : les femmes et les filles restent parmi les plus exposées.
Pour y faire face, le projet « Améliorer les conditions de vie des communautés touchées par les crises et les déplacements en Ituri et au Nord-Kivu » est exécuté par l’Association des Jeunes pour le Développement Communautaire (AJEDEC) en collaboration avec le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), avec l’appui financier de la Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (DG/ECHO). À travers les Espaces Amis des Enfants, les survivantes trouvent un cadre sécurisé pour se reconstruire, bénéficier d’un accompagnement psychosocial et être orientées vers une prise en charge adaptée.
Parmi elles, une adolescente survivante de violences sexuelles , aujourd’hui placée en famille d’accueil transitoire, tente de reprendre le fil de sa vie.
« Je croyais que tout était fini pour moi. Ici, on m’a écoutée, on m’a protégée. J’ai compris que je pouvais encore rêver et avancer. »
Ruth ASIZU, la responsable de la famille , d’accueil témoigne :
« Elle est arrivée brisée. Aujourd’hui, elle relève la tête et ose parler. »
La gestionnaire de cas de l’AJEDEC, florence DRAMANI , explique : « Lorsque les filles arrivent dans nos Espaces Amis, nous commençons par les écouter, identifier leurs besoins et leur offrir un cadre sécurisé. Chaque situation est évaluée et référée pour des soins médicaux ou psychosociaux selon les besoins. Nous veillons à ce que chaque fille reçoive un suivi individualisé, dans le respect strict de sa dignité et de sa confidentialité.»
À Fataki, cet Espace Ami des Enfants (EAE) est bien plus qu’un refuge : c’est un sanctuaire où les jeunes filles brisées par la violence retrouvent leur voix, leur force et leur espoir. Une porte qui se ferme sur la peur et s’ouvre sur la dignité, la confiance et la possibilité de rêver à nouveau. Là où la violence a voulu les anéantir, elles choisissent de se relever et de réécrire leur avenir.

