- Historique de naissance de l’AJEDEC
L’Association des Jeunes pour le Développement Communautaire, AJEDEC à sigle, est née dans un contexte des fortes violences des conflits intercommunautaires de l’Ituri, à l’année 2002. Alors que les jeunes étaient de plus à plus influencés à adhérer les mouvements armés, ses membres cofondateurs ayant pris conscience de mettre à place cette organisation entant que cadre de réflexion et d’animation des jeunes à la non-violence, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique ainsi qu’aux valeurs républicaines. Des conférences débats étaient ainsi organisées, des moments de recollections et des manifestations de cohésions sociales alimentaient ainsi l’expansion de l’AJEDEC de son lieu de naissance, à Gety-Etat, vers d’autres entités de l’ex Province orientale. C’est ainsi qu’à ces jours, l’AJEDEC a ses membres, constitués à des antennes, dans tous les territoires de la Province de l’Ituri, mais également dans les provinces sœurs de Haut-Uélé (à Watsa et Dungu) et de Nord-Kivu (dans la ville de Beni et dans la commune d’Oïcha).
- Contributions de l’AJEDEC dans la pacification de la province de l’Ituri
- AJEDEC dans la pacification du territoire d’Irumu
Entre Décembre 2013 et Mai 2024, alors que l’insécurité battait son plein en territoire d’Irumu, l’AJEDEC, sur le financement du gouvernement congolais, à travers l’Office des Voiries et des Drainages (OVD), réussi à mettre ensemble les jeunes bira et ngiti, deux communautés déchirées par les conflits intercommunautaires, alimentés par des attaques en répétition des groupes armés Forces de Résistance et Patriotique de l’Ituri, un groupe armé proche de la communauté ngiti, contre des villages bira des andisoma. Ainsi, plus de 344 jeunes femmes et hommes ont communié ensemble dans des sensibilisations communautaires, des dialogues sur les cultures de la paix et le vivre ensemble ainsi que dans les travaux à haute intensité à mains d’œuvre à travers lesquels la route reliant Nyakunde (village Bira) et Bavi-Olongba (village Ngiti), abandonnée et envahie par des brousses avait été rouverte rétablissant ainsi la cohésion entre les deux communautés. De l’occasion, les miliciens avaient, eux aussi, été sensibilisés sur la cessation des hostilités dirigées contrées les paisibles populations. Depuis, en dépit des tensions qui ne peuvent pas totalement disparaitre, ces deux communautés maintiennent leur contact à travers cette route.
- AJEDEC dans la pacification du territoire de Djugu (Pour un Djugu Pacifique)
Entre 2020 et 2022, l’AJEDEC a activement participé dans la pacification de territoire de Djugu, au côté de trois autres organisations humanitaires notamment l’ONG Internationale Conseil Danois pour les Réfugiés (DRC), entant que lead du consortium et les ONG nationales, Justice Plus et Associturi à travers le projet : « Pour un Djugu pacifique : Cohésion sociale, réintégration économique et engagement des jeunes et des femmes pour la pacification du territoire de Djugu » qui a été implémenté dans 8 entités coutumières : Bahema-Nord (à Blukwa), Bahema Badzere (à Bule), Bahema Banywagi (à Tchomia), Walendu Djatsi (à Pimbo et à Fataki), Walendu Tatsi (à Masumbuko), Walendu Pitsi (à Kpandroma) et Mambisa (à Nizi) ; avec comme objectif général : La cohésion sociale et la résilience intra et inter-communautés sont renforcées avec un focus sur les jeunes à risque et les communautés affectées par le mouvement CODECO. A l’atteinte de cet objectif général, la contribution de l’AJEDEC était passée par le résultat spécifique 2, intitulé : « La réintégration économique et la cohésion sociale entre les membres des groupes à risque et communautés affectées par les mouvements CODECO est améliorée ».
En effet, cette réintégration socioéconomique étaient faites à travers des unités économiques favorisant la paix et la cohésion sociale entre les membres des communautés. C’est notamment les 04 groupements agricoles qui étaient créés à Fataki et dont les membres étaient constitués des lendu et des hema travaillant ensemble dans toute harmonie ; les 6 groupements agricoles de Kpandroma, dont les membres étaient constitués des lendu et de Ndo Okebo dans les villages Budza, les 2 de 08 groupements agricoles de Blukwa et Masumbuko dont les membres étaient constitués des hema et lendu, etc. Grâce aux échanges et discussions permanents, les jeunes lendu venus de Masumbuko étaient acceptés dans les centres de formation professionnelle en soudure et ajustage de Largu (dans le Bahema-Nord). Des associations villageoises d’épargne et des crédits avaient été créées et rendues opérationnelles soutenues par des activités génératrices des revenues. Ceci, à plus d’être une stratégie d’accès aux micro-crédits, était aussi un cadre, par excellence, de sensibilisation par dialogue et discussion sur les facteurs des conflits, ses conséquences et la nécessité et les rôles de chaque membre de communauté à la reconstruction de la paix et de la cohabitation pacifique. Plus de 2400 personnes en étaient directement bénéficiaires.

